tribunes
Plaidoyer pour l'e-démocratie
Samedi 28 janvier 2012 | 08h08Pas de démocratie 2.0 sans retransmissions et réseaux sociaux. C'est le thème de la tribune de Stéphane Bourhis, consultant en communication.
La retransmission des conseils municipaux, communautaires, généraux et régionaux s’imposent-elles ?
De plus en plus de collectivités s’y engagent, des citoyens s’y retrouvent mais des élus restent opposés. Pourtant, la démocratie 2.0 nécessite plus que jamais d’ouvrir les assemblées et de ne pas en faire des cénacles d’initiés.
La nécessité d’une Open Démocratie
Si l’animation de la démocratie est aujourd’hui l’apanage des partis et des associations. On notera que la retransmission des débats publics locaux est aujourd’hui réduite. Les sources d’informations restent les médias et les élus eux-mêmes, des sources retranscrites donc par des tiers. Si les débats sont publics, ils se déroulent souvent le soir ou en journée et restent également inaccessibles à une majorité de citoyens, coupant de fait ceux-ci d’un suivi de la vie politique hors période électorale.
L’accessibilité des débats, leur publicité répondent pourtant à la vocation même des démocraties représentatives. Le « demos » doit pouvoir savoir ce que ses représentants choisissent pour lui et comment ils le font. L’élection à un moment « m » de la vie politique d’un territoire ne saurait être un blanc seing !
En cela, l’ensemble de la population (jeunes, actifs, retraités, personnes à mobilité réduite) devrait pouvoir, comme c’est le cas à l’Assemblée Nationale, suivre les décisions politiques qui impactent sa proximité.
La démocratisation des moyens d’information
Naturellement, certains opposeront, en ces temps de crise, le coût des transcriptions et retransmissions. Nous tenons là un vrai faux débat. D’abord, si la démocratie a un coût, posons-nous la question de ce que son absence nous coûterait.
Des applications permettent de retranscrire, par écrit, les séances de Conseil ou les événements sur les sites internet de communes concernées. Ensuite, des solutions de retransmissions audio et vidéo à faible coût existent. Elles ont l’avantage de permettre le suivi en direct mais aussi la rediffusion à volonté et au final de constituer des archives vécues de l’expression locale de la démocratie. Leur archivage constitue d’ailleurs, de facto un patrimoine au sens de l’article L 211-1 du Code du Patrimoine.
La démocratie augmentée
Enfin, et on le constate avec l’essor des réseaux sociaux. Dès aujourd’hui, les débats d’assemblées se prolongent en direct sur les murs et pages. Diffusés et promus par les nouvelles technologies, ils mobilisent l’attention au-delà des bancs des élus, impliquent des citoyens qui se mettent à nouveau à s’exprimer et finalement retissent un lien « civique » au cœur d’une démocratie étendue.
Retransmis, les débats donnent lieu à commentaires, à échanges et font sans doute naître les vocations électives des militants et élus de demain. De facto aussi, la retransmission permet une certaine transparence.
Les élus seraient naturellement responsabilisés et les électeurs plus directement informés. L’Open Démocratie ferait son effet.
Cet ensemble d’usages et de faits, s’ils étaient multipliés, pourrait être de nature à combler le déficit démocratique que l’on ressent en mesurant l’abstention, le vote blanc et le nombre croissant de personnes non inscrites sur les listes électorales. Partis et collectivités n’ont-ils pas tout à y gagner ?
Stéphane Bourhis est consultant en communication et élu local (conseiller municipal UMP de Hoenheim (Bas-Rhin). Il préconise le recours aux technologies d'information et de communication pour retisser le lien entre élus et administrés.


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