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Mercredi 30 septembre 2009 | 11h03
France 3 n'aime pas l'alsacien ?
Les langues régionales sont de moins en moins présentes sur les antennes de France 3. C'est le Conseil supérieur de l'audiovisuel qui le dit, avec au passage une belle injure faite à la Région Alsace.
Chaque année, le Conseil supérieur de l'audiovisuel vérifie que les chaînes de télévision respectent leurs cahiers des charges. Il y a un mois, e-alsace avait présenté en avant-première quelques éléments de cette enquête concernant France 3. A présent le rapport complet est public. Il réserve encore quelques éléments bien loin des discours officiels des dirigeants de la chaîne publique.
On y lit: "Les programmes diffusés en langue régionale représentent 297 heures. Le nombre d’heures diffusées en 2008 a encore diminué de 10 % par rapport à 2007. Presque toutes les régions voient la diffusion des émissions en langues régionales diminuer".
Pire encore: "En deux années, le nombre d’heures de diffusion d’émissions en langues régionales sur France 3 a diminué de façon très importante. Près de 100 heures ont été perdues entre 2006 et 2008, ce qui représente une perte de 25 %".
Baisse de plus de 30 % en Alsace
Voici maintenant les chiffres concernant la place de l'alsacien sur les antennes de France 3. 2005 : 80 heures. 2006: 72 heures. 2007: heures. 2008: 53 heures. En quatre ans la part de l'alsacien a donc baissé de plus de 30% sur France 3 Alsace. Depuis novembre 2007, exit le théâtre en alsacien; exit Huguette Dreikaus, exit Simone Morgenthaler. Reste Rund Um, reste Christian Hahn et quelques opérations ponctuelles.
S'appuyant sur les explications fournies par la chaîne, le Conseil supérieur de l'audiovisuel écrit: "La langue alsacienne a connu une diminution sur l’année 2008 en raison de la non-reconduction d’un partenariat avec la Région Alsace, empêchant la diffusion de pièces de théâtre en alsacien comme c’était le cas les années précédentes".
L'attitude relève de la cour de récréation d'une maternelle, dans le registre, "C'est pas moi, c'est l'autre..."
La réalité d'une histoire
Pour justifier le retrait de la place de l'alsacien, France 3 et dans la foulée le CSA imputent la responsabilité à la Région Alsace. La réalité est autre. Après un bras de fer avec la direction parisienne de France 3, Jean-Marie-Boehm et le directeur régional de la chaîne de l'époque Gérard Scheer, avaient obtenu un créneau horaire le dimanche après-midi pour diffuser des pièces de théâtre en alsacien.
La Région Alsace avait apporté son soutien financier à hauteur de 85 000 euros par an. La programmation avait été un succès, les troupes de théâtre étaient heureuses et tout ce que l'Alsace compte comme défenseurs de la langue étaient ravis.
Pourtant ce créneau horaire a fini par être supprimé par Paris. Pour la rentrée 2006, la direction parisienne de France 3 a ensuite procédé à une deuxième coupe sombre, en supprimant une autre case horaire dédiée à l'alsacien. Jusqu'au vote de la nouvelle loi sur l'audiovisuel, en janvier 2009, les orientations des dirigeants de France Télévisions allaient dans le sens d'une réduction de la place des programmes régionaux. Là encore, les chiffres nationaux en témoignent. 14 133 heures de programmes régionaux en 2005, contre 13 532 en 2008.
Des engagements non tenus
Sans créneau horaire de diffusion, difficile pour la Région Alsace de financer la production de pièces de théâtre en alsacien. Néanmoins pour l'été 2007, Adrien Zeller avait renouvelé son soutien à France 3 Alsace en débloquant 150 000 euros pour la réalisation d'une programmation exceptionnelle estivale, notamment en prime-time le samedi soir. Le tout dans le cadre d'une convention signée avec la directrice générale de France 3. Une convention dont les termes, les contenus et les engagements ont ensuite été oubliés par la chaîne.
Le CSA, dont les membres ne sont pas connus pour être spécialement revendicatifs, termine: "La chaîne entend axer son développement des émissions en langues régionales, ainsi que ses émissions bilingues sur internet", en s'appuyant sur "ses services associés et sur les 24 Web TV régionales qui vont être développées".
Une expérimentation sans lendemain
Fin 2008, France 3 Alsace a effectivement servi de terrain d'expérimentation nationale pour l'une de ces web TV. Beaucoup d'énergie mobilisée, beaucoup de moyens financiers engagés, mais en réalité très peu d'alsacien et surtout... plus rien depuis début 2009.
Compte tenu de l'engagement du regretté Adrien Zeller et de la Région Alsace pour la télévision regionale, on aurait au moins pu espérer de la part de France 3 et du Conseil supérieur de l'audiovisuel un peu plus de respect pour leurs actions. Et de la part de la chaîne publique qu’elle assume ses propres orientations.
Lien de cause à effet ? Résultat à long terme d'une perte de spécificité pour la chaîne ? En tout cas, pour la première fois, ce mois-ci M6 détrône France 3 de sa place de troisième chaîne du paysage audiovisuel français en terme d'audience.
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Posté le jeudi 5 novembre 2009 à 18h35 par Jakez GAUCHER
Les analyses de vos compatriotes participant aux rencontres des langues et cultures régionales ou minoritaires* (1er au 7 novembre 2009) en Bretagne rejoignent celles de votre article et les commentaires: nous avons évoqué, entre autre, le théâtre en alsacien... A galon.
Jakez
*www.kuzul.info
(Kuzul sevenadurel Breizh/Conseil culturel de Bretagne -
Posté le jeudi 5 novembre 2009 à 00h18 par Daniel
Scoop :
Simone et Hubert révisent leur anglais pour revenir à Sur un siess.
Blague dans le coin, et si c'était vrai ? pour faire de l'audience, car c'est bien ça le sujet ! non ? -
Posté le mercredi 30 septembre 2009 à 17h56 par ROTH
- On veut promouvoir la langue régionale, mais France 3 Régions n'aime pas la langue régionale dans ses programmes.
- On veut promouvoir sa forme écrite, l'allemand, mais la presse régionale n'aime pas l'allemand dans ses colonnes. Toujours et encore strictement interdit dans les pages sportives de l'édition bilingue des DNA.
- On veut promouvoir l'apprentissage, mais l'Education Nationale n'aime pas les élèves qui ne vont pas jusqu'au bac.
- On veut promouvoir les transports doux, mais la SNCF n'aime pas les vélos dans les wagons.
- Qui veut continuer?
- Posté le mercredi 30 septembre 2009 à 15h55 par MUNCHENBACH Andrée Article édifiant. J'en retiens surtout la conclusion qui établit un lien entre la perte de spécificité de la chaîne et sa perte d'audience... Voilà qui justifie le combat pour la préservation et la valorisation de la culture régionale! FR3 en tirera-t-elle la bonne leçon?





















