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Lundi 1er juin 2009 | 13h40
Crash d’un Airbus d’Air France: le drame personnel de Jean-Cyril Spinetta
Un Airbus A330-200 d'Air France reliant Rio de Janeiro à Paris avec 228 personnes à bord a disparu lundi matin au large des côtes brésiliennes. Cette disparition fait revivre le crash du Mont Sainte-Odile et met au jour le drame personnel de Jean-Cyril Spinetta, président du conseil d’administration d’Air France – KLM.
Air France signale que le vol AF447, qui avait quitté Rio lundi à 19h locales (22h GMT) devait atterrir ce lundi à 11h15 (9h15 GMT) sur l'aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle, avait à son bord 216 passagers et 12 membres d'équipage. 73 Français font partie des passagers. L'avion aurait été foudroyé, aurait été victime d'une panne d'un des circuits électriques, mais les causes d'un crash sont toujours multiples. Nicolas Sarkozy s'est rendu à Roissy dans l'après-midi.
Une mission de recherche est en cours aux abords de l'archipel brésilien de Fernando de Noronha. L'Airbus a disparu à environ 300km au nord-est de la ville de Natal. De source aéroportuaire, il n'y a "aucun espoir" de retrouver vivants les 216 passagers et 12 membres d'équipage du vol Air France qui reliait Rio de Janeiro à Paris. Les autorités brésiliennes ont lancé des recherches au large de leurs côtes. Retrouvez aussi les images de reconstitutions numériques de catastrophes aériennes et cette chronique d'une catastrophe annoncée...
La catastrophe du vol AF 447 fait écho avec le crash du Mont Sainte-Odile du 20 janvier 1992. Et cela à plus d’un titre. Pierre-Henri Gourgeon, actuel Directeur général exécutif du Groupe Air France-KLM, était à l’époque directeur général de l'aviation civile. Il avait d’ailleurs été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur le crash alsacien.
"Je quitterais mes fonctions"
Jean-Cyril Spinetta, actuel président du conseil d'administration d'Air France-KLM, est aussi directement concerné. Au moment du crash du Mont Sainte-Odile, il dirigeait la compagnie Air Inter. Puis le 25 juillet 2000, en tant que patron d’Air France, il avait vécu le crash du Concorde à Gonesse. Un an plus tard, Jean-Cyril Spinetta avait confié : « Qu’il ne supporterait pas de vivre dans ses fonctions à la tête d’Air France une nouvelle catastrophe ». Il avait alors ajouté : « Je n’en aurai pas la force. Je quitterais mes fonctions ». Ce témoignage figure dans un livre à paraître.
Jean-Cyril Spinetta, a été élevé dans une famille corse habité par le sens du devoir et de la responsabilité. Dans le même livre à paraître, il raconte : « Mon grand père ne transigeait pas avec la notion de responsabilité, fusse face à des actes excessifs. A la tête d’une collectivité humaine, tout homme qui a des responsabilités est là pour assumer. Il doit même prendre les difficultés sur ces épaules pour libérer les collaborateurs et leur permettre d’être plus créatifs. Oui, un manager est responsable de tout devant tous ».
Le 20 janvier 1992, au soir de la catastrophe alsacienne Jean-Cyril Spinetta était à Paris sur le point de quitter le siège d’Air Inter. Il était nerveux. Cela faisait quatre jours qu’il avait arrêté de fumer. Soudain on avait frappé à sa porte. C’était Gilbert Lalanne, son directeur de la communication de l'époque. Celui-ci avait annoncé : « Nous avons perdu un avion à Strasbourg ».
Hanté par les images du drame
Dans les minutes suivantes, Jean-Cyril Spinetta avait appellé le ministre des Transports, Matignon et l’Elysée avant de se préparer à partir en Alsace. Il avait immédiatement prévu de rencontrer les familles des victimes. Il avait alors décidé d’appeler le patron d’UTA qui a vécu l’attentat du DC 10 du 19 septembre 1989 au Niger pour lui demander des conseils sur l’attitude à tenir. La réponse avait été sans équivoque : « Soyez vous même ».
Au moment de pénétrer dans le salon d’honneur de l’aéroport de Strasbourg où étaient rassemblées les familles des victimes, Jean-Cyril Spinetta avait peur, peur de mal faire, peur de mal dire. Il s’était dit aussi qu’il comprendrait que certains l’insultent, l’agressent ou même le frappent.
Jean-Cyril Spinetta s’était mis en travers des familles des victimes: « Je ne veux pas que vous alliez sur place ». Le ton était ferme, déterminé, presque autoritaire. Le patron d’Air Inter s’était ensuite rendu lui même sur place, arpentant la zone du crash pendant une heure. Des papiers, des sacs ouverts, des arrêts de vie sans préavis. Il avait été choqué par la brutalité des images, avait le sentiment de vivre en cauchemar les pires instants de son existence.
Vers 4 heures du matin Jean-Cyril Spinetta était arrivé dans un hôtel de Strasbourg. Ne parvenant pas à dormir, il avait téléphoné à son épouse malade, mais avait peu parlé de ce qu’il venait de vivre. Les images du mont Sainte-Odile le hantaient.
En livrant ce témoignage à Francis Guthleben, auteur du livre « La nuit du mensonge » consacré au crash du Mont Sainte-Odile, Jean-Cyril Spinetta avait conclu : « A l'époque, le doute s’est installé en moi et ne m'a plus quitté. Si un accident est arrivé une fois peut-il se reproduire ? Y a t-il d’autres dangers ? ».
Après le crash du Mont Sainte-Odile, Jean-Cyril avait fait la promesse de revenir tous les ans sur les lieux de la catastrophe. Il a toujours tenu promesse. Le 18 janvier 1993, un an presque jour pour jour après l'accident, poussé par son sens de la responsabilité Jean-Cyril Spinetta, alors président d’Air Inter, avait adressé une lettre manuscrite au juge d’instruction chargé de l’enquête sur la catastrophe du mont Sainte-Odile. Il avait alors demandé à être mis en examen. Il ne l'a jamais été.
En 1997 Jean-Cyril Spinetta a été nommé président directeur général d’Air France. Seulement quelques mois plus tard, en novembre 1998, il a lancé un programme de volontariat au sein de la compagnie mobilisable en situation de crise. Au total, 4 000 salariés d’Air France en font désormais partie. Ces volontaires ont quatre missions principales : l’accueil des familles et des proches, le soutien logistique, le renfort dans les escales et l’assistance au téléphone. Jean-Cyril Spinetta a souhaité que ces volontaires suivent des modules de formation d’une journée.
Avec la disparition de l'avion Rio-Paris, c'est la plus grosse catastrophe aérienne de toute l'histoire d'Air France. Jean-Cyril Spinetta a toujours dit que le crash d'un avion de la compagnie est un drame pour les passagers, mais aussi pour l'ensemble du personnel de la compagnie. En effet celui-ci, au sol ou dans les airs, est profondément bouleversé, mais doit poursuivre son travail.
Retrouvez ici, le flash d'information de France 2
Retrouvez aussi le live de BFM TV
NOS PHOTOS: un A 330-200 comme celui qui assurait la liaison Rio-Paris, Jean-Cyril Spinetta et l'épave du crash du Mont Sainte-Odile.
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Posté le vendredi 5 juin 2009 à 09h45 par araminta
Une précision tout de même. En Alsace, 4 ans avant le crash du mont sainte Odile, il y a eu le crash de Habsheim, le 26 juin 1988, également avec un A320.
JC Spinetta était alors le Directeur de cabinet du ministre des transports, Louis Mermaz. PH Gourgeon, actuel Directeur d'AF était son adjoint.
Même s'il est extrêmement "dérangeant" pour certains de parler du crash de Habsheim, il fait partie de l'histoire aéronautique française et de celle d'Air France. -
Posté le jeudi 4 juin 2009 à 13h20 par patrick
Une pensée pour toute les familles et ce qu'elles vivent actuellement et je l'espère auront tous le soutien nécessaire à tous les niveaux.
Encore un airbus et une catastrophe qui ravive bien des souvenirs personnels. -
Posté le mardi 2 juin 2009 à 23h02 par Jacques ROUX
Bonsoir !
Alors que la liste et souvent la photo des passagers brésiliens ont déjà été publiées sur un site du pays correspondant et qu'on parle de certaines français qui ont pris place à bord de ce vol 447, on ne dit rien des autres. Je connais une PNC, certifiée sur A 330 mais ne peux rien savoir du fait que je ne suis pas de la famille. Or, déjà, on parle du nom et de l'âge du commandant mais pas des autres noms des PNC et PNT.
Pourquoi ces contradictions ? -
Réponse à Jacques ROUX
Posté le mercredi 3 juin 2009 à 01h11 par CORANTIN
Oui en effet, je viens de voir les photos des passagers du vol air france 447 sur la page SYNERGIE INFO du site RADIOSYNERGIE.fr .
je ne sais pas comment ils font pour avoir l'info aussi rapidement, mais c'est vrai que c'est tres rapide, et ca me gene aussi de voir ca!! -
Réponse à Jacques ROUX
Posté le mercredi 3 juin 2009 à 00h17 par Eva
Quelles contradictions ?
La liste des PNC et PNT disparus est connue du personnel Air France. Quel intérêt d'en diffuser les noms aux médias ?
Air France a communiqué des infos sur leur âge et leur ancienneté dans l'entreprise. Il n'y a pas de contradiction....juste de la pudeur vis-à-vis des familles. - Posté le mardi 2 juin 2009 à 15h52 par Sylviane de Lourdes Je ne suis pas une amoureuse de l'avion, soit. Mais remettre en cause des problèmes de budget quant à la sous-traitance chez Air France me paraît, en ces temps indécents. De plus, alors même que les plus avertis ne savent pas expliquer ce crash, comment certains peuvent déjà en tirer des conclusions ??? Aujourd'hui, le rôle de chacun, quelles que soient les circonstances de ce drame, est de soutenir comme il le peut ceux qui sont dans une douleur immense. On ne les connaît pas, mais on devine leur malheur et on ne peut que s' y associer.
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Posté le mardi 2 juin 2009 à 14h43 par fabrice
Ex et futur Cabin crew member, il est clair que ce n'est vraiment pas le moment de parler de cela maintenant Mr Savi .....Vraiment pas le moment. Je me sens aussi concerné par cette tragédie et de ma petite Belgique, je soutiens la famille des victimes, Passagers, Pilotes, Hôtesses et stewards..Courage à vous.
Mes sincères condoléances.
Fabrice -
Posté le mardi 2 juin 2009 à 09h23 par Hélène MORATI
Il est très difficile de trouver les mots justes capables de retranscrire la peine causée par un tel drame. Nous ne pouvons que nous associer à la douleur des familles dans cette attente insoutenable et au delà, face à cette issue probablement tragique. Incriminer Air France me semble inapproprié en de telles circonstances : le risque zéro n'existe pas et il faut également tenir compte des conditions climatiques qui se dégradent et s'emballent au fil des années, phénomène pour lequel nous avons tous, en tant que citoyen, notre part de responsabilité.
Courage aux familles ainsi qu'à toutes les personnes touchées par cette catastrophe. -
Posté le lundi 1er juin 2009 à 23h34 par Nicole ROULIN- CASTIGLIONE
Ex navigante d'AIR INTER, je suis profondément bouleversée par ce drame, je souhaite beaucoup de courage aux familles des passagers et membres d'équipage qui sont dans la douleur. Et rappelons le c'est l'ensemble du personnel sol et navigant qui a mal. Patrick Savi de tové, pas de polémiques dans des moments aussi terribles!
Nicole ROULIN - CASTIGLIONE - Posté le lundi 1er juin 2009 à 22h58 par Claire Foster Leblanc J'ai pleuré, pour vous, pour vos familles; je vous présente mes condoléances les plus sincères.




























