Dossier
Dimanche 17 janvier 2010 | 14h37
Les Français ne font plus confiance aux médiasQue les Français soient méfiants à l'égard des politiques, on le savait, mais qu'à 72 % ils ne fassent plus confiance aux médias est une révolution. A force de turpitudes, de compromissions et de petites lâchetés quotidiennes, est-ce vraiment étonnant ?
C'est le résultat du « Baromètre de la confiance politique », désormais annuel, du Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof), un groupe de recherche de Sciences Po.
Les résultats sont terribles pour la classe politique, pour les médias, et sur la perception de l'avenir du pays.
L'enquête réalisée du 9 au 19 décembre 2009, par téléphone sur fixe et mobile, auprès d'un échantillon de 1 500 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales.
A la question : avez-vous très confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou du tout confiance dans les organismes suivants, voici les réponses
CNRS, très confiance et plutôt confiance : 90 %
Les hôpitaux, très confiance et plutôt confiance : 86 %
L'école, très confiance et plutôt confiance : 83 %
L'armée, très confiance et plutôt confiance : 75 %
Les associations, très confiance et plutôt confiance : : 71 %
La police, très confiance et plutôt confiance : : 71 %
L'administration, très confiance et plutôt confiance : 63 %
Les grandes entreprises publiques, très confiance et plutôt confiance : 60 %
La justice, très confiance et plutôt confiance : : 60 %
Les églises, très confiance et plutôt confiance : 50 %
Les syndicats, très confiance et plutôt confiance : 47 %
Les grandes entreprises privées, très confiance et plutôt confiance : 43 %
Les banques, très confiance et plutôt confiance : 37 %
Les médias, très confiance et plutôt confiance : 27 %
Les partis politiques, très confiance et plutôt confiance : 23 %
Le résultat du sondage sur la confiancee accordé aux médias est catastrophique, mais est-ce vraiment surprenant eu égard aux évolutions observées ces dernières années... Mélange entre information et divertissement. Confusion entre enquête et buzz. Quête d'audience plus que d'analyses. Chasses à l'homme futiles plutôt que travail de fond... Autant de problématiques délicates.
Le développement des technologies d'information et de communication a lieu aussi pour conséquence que nous avons tous beaucoup plus aisément accés à d'innombrables sources d'informations et que nous avons la possibilité de vérifier ce qui nous est livré et de procéder à des recoupements, des analyses.
La presse va mal, les télés historiques perdent de l'audience, les recettes publicitaires de la presse régionale ont baissé de 11 % en 2009, de nouveaux sites internet proposant soit de l'information, soit de l'agrégation de contenus, naissent chaque jour... Avec le sondage qui vient d'être rendu public il y a peut-être une nouvelle lecture à mener des turbulences que traversent les médias. Au moins ne pourra-t-on plus brandir l'argument aisé et commode de la crise économique, comme une manière de ne pas se remettre en cause.
Le sondage que nous vous livrons en intégralité ici en 87 pages pose des questions essentielles sur notre relation aux médias et constitue un nouvel avertissement à l'ensemble des patrons de presse et à l'ensemble des journalistes. Il semble loin ou la presse apparaissait comme un véritable contre pouvoir nécessaire, salutaire et salvateur. Et cela est pour le moins inquiétant pour la démocratie.
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