Dossiers Jeudi 18 Octobre 2007
1 article(s)
  accéder à ma sélection
Abonnez-vous gratuitement
et recevez tous les mois
la newsletter de e-alsace

 

 

 

 
28/09/05
Où en est la TNT pour l’Alsace ?

Emmanuel Heyd
Heyd-Consulting
Cabinet Conseil en nouvelles technologies et multimédia

Quelques semaines avant le lancement de la TNT en France, le 31 mars, la Région Alsace a réagi en écrivant à la présidence du CSA ainsi qu’au Premier Ministre afin de réclamer la TNT pour notre région. Le résultat ne s’est pas fait pas attendre, car dès le lancement en direct sur Public-Sénat, Jean-Pierre Raffarin et Dominique Baudis se sont engagés à accélérer le processus et à élargir la couverture initialement prévue.
A cette date, l’Alsace n’était pas officiellement dans le calendrier pour la numérisation de la diffusion terrestre hertzienne du CSA. En effet, l’étude de celle-ci n’était alors prévue que pour 2007.

Au mois de juin 2005, la DDM (direction des médias du Premier Ministre) avec le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) et les chaînes de télévision titulaires d’une licence de diffusion TNT ont créé trois groupes de travail dans l’optique de trouver une solution garantissant une couverture du territoire à près de 100% (au lieu des 85% prévu initialement), de résoudre le problème des zones frontalières et in fine, trouver une solution d’accélération du calendrier de mise en place de la TNT. Ces groupes de travail devront remettre leurs conclusions d’ici à la fin du mois d’octobre 2005. Sur la problématique transfrontalière, les régions concernées ne sont pas associées à la réflexion.

L’audiovisuel en France est de la compétence du CSA et seule cette institution est en droit de statuer. Dans le Bade-Wurtemberg, le Land a une compétence en matière audiovisuelle, qui lui permet de définir sa politique en ce domaine et en particulier, l’autorise à traiter de la question transfrontalière. Un représentant du SWR (Südwestrundfunk, Chaîne régionale publique) négocie depuis le début de l’année la répartition des fréquences entre nos deux pays. Du côté français, le pendant est assuré par le CSA, assisté pour les questions techniques par l’ANFR (L’Agence Nationale Française pour la Radiofréquence). En mai 2006 aura lieu à Genève la prochaine conférence ITU, qui verra une redistribution des fréquences radio mondiales. A cette occasion, la répartition des fréquences entre la France et l’Allemange devrait être redéfinie. La situation actuelle est héritée de la Conférence de Stockholm de 1961, les Allemands bénéficient d’un droit de débordement de leurs fréquences sur le territoire français, alors que la France doit limiter ses ondes sur le Rhin (rien à voir avec le nuage de Tchernobyl). La meilleure illustration est l’émetteur du port du Rhin où pour éviter de rayonner vers l’Allemagne, l’antenne de l’émetteur est flanquée d’une épaisse plaque de plomb. Mais cette situation historique vient du simple fait que lors de la fameuse Conférence de Stockholm, l’Allemagne a demandé une autorisation de débordement vers la France alors que la France ne l’a pas fait. Malheureusement histoire se répète. D’ici à la fin de l’année les négociations pour les fréquences seront closes, elles fixeront la situation pour les décennies à venir. L’Allemagne a proposé à la France de lui prêter des fréquences pendant quelques années afin que l’on puisse réaliser la TNT en Alsace, la réponse du CSA au début septembre 2005 a été d’interdire à l’Allemagne de déborder vers le territoire français à l’avenir. La discussion n’est pas close. Christian Estrosi, Ministre délégué à l'Aménagement du territoire, précise "Il faudrait de l'ordre de 60 millions d'aides publiques si nous voulons accélérer le processus. Une petite mesure législative, à l'automne, pourra régler les problèmes de fréquences qui se chevauchent dans certaines zones frontalières". On pense en particulier éventuellement à récupérer les fréquences militaires bloquées (canal 60 à 68).

Deux mondes se rencontrent, deux visions. L’une allemande, connaissant la particularité de l’Alsace et souhaitant mettre en place un projet à vocation européenne de mutualisation de moyens de répartitions de programmes, pour une meilleure entente entre les peuples et une optimisation de la diffusion hertzienne, qui demande une refonte totale de sa distribution.
De l’autre côté, la vision parisienne voit cette perspective d’un très mauvais œil. L’un des motifs invoqué par la DDM est que pour répondre aux attentes du SWR, il faudrait envisager de diffuser les programmes français depuis l’Allemagne et vice et versa. Inimaginable ! « Nous sommes là pour défendre les intérêts de la France » précise Cécile Dubarry, sous-directrice à la société de l’information auprès de la DDM. La solution parisienne se limite pour l’instant à couvrir Haguenau, Strasbourg Colmar et Mulhouse avec des petits émetteurs de faible puissance. Or au niveau du coût d’investissement et d’exploitation, la différence est faible, mettre en place un émetteur puissant qui arrose uniformément l’Alsace coûte presque autant qu’un émetteur de faible puissance or les émetteur de faible puissance devront fleurir. Une bonne affaire pour TDF (Télédiffusion de France, ex société d’Etat et maintenant simple prestataire qui bénéficie toutefois d’un monopole de fait).

La bonne nouvelle pour l’Alsace : la TNT viendra en 2007. Mais pas forcément tel qu’on pouvait se l’imaginer, un peu en catimini, en creusant une fois encore le fossé numérique entre les villes et la campagne, en excluant une idée européenne à l’heure ou l’on crée l’Eurodistrict…



 
 
 
> Nouvel annuaire pour les sites alsaciens
> Anamnesia, le vent en poupe
> Des sites web pour les artistes
> Le portail des carrières dans les énergies renouvelables des trois régions
> Un SIG pour le Haut-Rhin
> Carton plein pour e-alsace
> L'Alsace en tête de la consommation internet française
> Cannes : Unlimited présente au Palmarès
> Rencontres de l'image : le dispositif d'aides régional
> Forum Alsace Connexia : des "tuyaux" aux contenus
> Classe Export
> Les Journées Réseaux, JRES 2007

© iconoval Haut de la page Plan du site - Contact - Crédit